Des Rivieres De Thalos

Des Rivieres De Thalos

Berger du Caucase

La dominance

La dominance

Le principal problème avec le thème de la hiérarchie de dominance est qu'il se heurte à des problèmes de sémantique et d'abus de langage et, il y a parfois un gouffre entre l'interprétation d'un mot au sens le plus général et son interprétation selon la science qui étudie le comportement animal : l'éthologie.



Pour faire court, par passion pour les animaux non-humains, j'ai vécu dix ans de ma vie en Amazonie immergée dans une nature quasi intacte, avec sa faune indigène.

J'ai aimé observer et étudier ces animaux sauvages ayant l’intelligence de s’adapter à leur milieu, tout le contraire de l'homme qui lui n'y 'arrive pas (dégénérescence ?) et dénature son environnement pour le plier à sa volonté avec les conséquences que l’on connaît.

Le Berger du Caucase m'a tout de suite attirée pour son côté «sauvage» authentique et pour mieux le comprendre j'ai décidé d’entreprendre des études en psychologie canine.

Mais à vrai dire, j'ai vite compris qu'on effleurait le sujet et qu'il n’y avait, à ce moment, aucune étude approfondie et sérieuse sur le comportement du chien. A ce jour, quelques chercheurs diplômés en éthologie et comportements canins confirmés comme James O'Heare, Morgan Spector, Alexandra Semyonova  et bien d’autres  qui se sont penchés sur le sujet plus sérieusement.  J'ai pu constater que j'étais arrivée à la même analyse, qu'il n'y a pas de comportement de dominance interspécifique chez le chien.



Voici un passage fort interèssant extrait du comportementaliste Mr Iannis Maku


« L'homme doit-il être le chef de meute avec son chien ?

Absolument pas.


En milieu intraspécifique, le chien domestique ne vit pas en meute

En milieu intraspécifique, le chien domestique ne vit pas selon une hiérarchie de dominance

En milieu intraspécifique, et en terme de système social, le loup sauvage et le chien domestique ne sont pas soumis aux mêmes besoins et donc aux mêmes nécessités d'organisation.

La question n'est donc pas de savoir si l'homme doit être le chef de meute pour son chien mais plutôt de se demander au nom de quoi il le serait. Et en l'absence d'explication logique et éthologique sur cette nécessité d'organisation sociale entre l'homme et le chien, la réponse est à chercher uniquement dans les croyances et les frustrations de l'homme.

J'aurais d'ailleurs tendance à insister sur ce terme homme ; pas au sens large mais bien au sens sexué. Car de fait, cette croyance et son application en matière de relation avec le chien est bien une propension masculine plutôt que féminine. Je le dis en étant d'autant plus à l'aise que je suis un homme et qu'il m'est arrivé de croire en cette théorie, il y a longtemps. Mais que les messieurs se rassurent, on peut aussi observer chez les femmes une certaine propension à d'autres comportements tout aussi condamnables. »



"J'observe que (les gens croient que) le chien se doit d'attendre la volonté de son maître, de lui obéir en toutes circonstances, de ne pas prendre d'initiatives et de n'avoir aucun privilège. Quand il ne répond pas à ces critères, le chien est qualifié de « dominant », la tare par excellence : le chien montre des velléités intolérables de supériorité et son propriétaire manque d'autorité ; l'homme est disqualifié (et culpabilisé) et le chien doit être « cassé.



Ce vocabulaire esclavagiste démontre bien la relation qu'ont les hommes – plus souvent que les femmes – avec les chiens. En psychologie, on revendique en général ce que l'on a pas ; si l'homme revendique l'autorité, la dominance et le pouvoir sur le chien, c'est qu'il manque d'autorité naturelle et de pouvoir personnel. Qu'a donc fait l'homme de son pouvoir pour devoir le revendiquer aux dépens du chien (et de ses proches : enfants et compagne) ? L'homme est devenu esclave de la société ; il est soumis à ses règles et ne peut y échapper ; il en est dépendant ; il lui appartient. Le pouvoir étouffé de l'homme s'exprime par des voies détournées, notamment avec le chien. L'homme reproduit avec le chien ce que la société fait avec lui : il se l'approprie, il le soumet, il le rend dépendant, il l'asservit. Ce faisant, l'homme sauve quelques étincelles de son pouvoir de vie. Le chien, apparemment esclave, apprend quelque chose lui aussi du domaine de l'énergie mentale.



Si on veut changer cette situation, il faut que l'homme trouve une autre expression de son pouvoir – par la créativité, par exemple – et qu'il affranchisse son chien de la hiérarchie de pouvoir, afin d'entrer dans un système de symbiose bénéficiaire où le chien a l'opportunité de se réaliser, d'exprimer ses besoins éthologiques – un système où tout le monde gagne."


(Tout sur la psychologie du chien - Joël Dehasse)